Par VDB | le 29/05/26
La mode est quelque chose de terrible, et ce ne sont pas les monospaces, littéralement balayés par la vague SUV qui nous diront le contraire. Pourtant, rois du rapport encombrement/habitabilité, ils avaient bien des arguments à faire valoir, mais leur look un brin utilitaire, même avec leur pragmatisme pesa bien peu face au design aguicheur des nouvelles venues. C’est donc un survivant de cette espèce que nous essayons aujourd’hui, en effet, tout au sommet de la catégorie, trônaient des mastodontes de cinq mètres de long, capables d’emmener jusqu’à neuf passagers dans un espace et un confort bien difficile à atteindre pour les nouvelles coqueluches au physique de 4x4. Chez Citroën, héritier de la longue lignée Jumpy, c’est le SpaceTourer qui fait office de salon roulant XXL, et c’est avec lui que nous avons partagés une semaine au long cours.

Au premier coup d’œil, la filiation utilitaire ne fait aucun doute, mais désormais fréquents dans le paysage automobile, c’est plus la filiation VTC en puissance qui frappe. Surtout dans notre version Business pack dotée de jantes alliages de 17’’, des vitres arrières surteintées et de sa sombre livrée gris titane ! Oublions donc les Jumpy blanc sur jantes en tôles, notre déclinaison M de 4.98m de long (il existe une XL de 5.33m) semble parfaitement apte à fréquenter autant les palaces que les aéroports. Le feux avant avec leur signature lumineuse bien travaillée encadrent un logo furieusement vintage, tandis que les feux arrières 3D donnent vie à une face arrière plus monolithique, pendant que les flancs s’efforcent à masquer avec efficacité le gabarit conséquent de notre SpaceTourer. Sans aboutir à la finesse d’un coupé, le trait reste malgré tout agréable et suffisamment statutaire. A noter la hauteur maintenue tout juste en dessous du mètre quatre vingt dix, lui permettant l’accès à bon nombre de parking.
A l’intérieur, le gabarit conséquent se ressent bien. Quelle que soit la place à laquelle ont se trouve, l’espace ne manque pas. Notre version d’essai était dotée de la configuration 8 places, standard dans cette finition, elle peut évoluer sur option vers une configuration 6 places plus table via le pack Business VIP. Chaque occupant dispose donc d’une assise ainsi que d’un dossier confortable, d’une largeur aux coude appréciable, d’une hauteur sous plafond suffisante même pour un basketteur pro, et, en modulant l’espace au besoin, de quoi caser ses jambes sans trop de soucis. Même le coffre offre une valeur respectable, avec plus de 600 litres sous tablette, et bien plus si l’on monte jusqu’au toit, ce que l’ouverture indépendante de la lunette arrière permet. Rappelons que nous disposions de la version M, la XL offrant de son coté carrément 1m3 sous tablette ! Et puis il y a cette agréable luminosité, grâce au toit vitré scindé en deux par un plafonnier offrant éclairage et ventilation. La sensation d’espace et de bien être à bord n’en est que plus présente.
L’accès ne pose pas de soucis non plus, les deux portes (attention, une seule sur la finition d’entrée de gamme) latérales coulissantes électriquement s’ouvrant largement sur les rangs deux et trois.
Coté finition, si ce n’est pas le grand frisson, la qualité des matériaux est satisfaisante bien que les plastiques un peu durs soient encore présents en nombre, origine utilitaire oblige. Reste aussi quelques ajustement perfectibles (boite à gant supérieure, rétroviseur central), mais rien de rédhibitoire là non plus, en tout cas rien qui n’entache la qualité de vie à bord.

Bon point pour la ventilation, car si en cas de chaleur, nous n’avions pas la sensation d’avoir un flux important d’air frais sortant des aérateurs, cette fraicheur est bien repartie tout au long de l’habitacle, pour un confort optimal et sans faille.
La qualité de l’installation audio est aussi un point auquel nous prêtons attention, et autant dire que le pari n’était pas gagné d’avance compte tenu du volume et de l’acoustique particulière de ce type de véhicule. Le résultat est plutôt convaincant malgré un réglage d’égaliseur limité à 3 bandes. Avec une source de qualité (DAB+ ou fichier FLAC), et à condition de ne pas trop forcer le volume, le son se veut équilibré et bien réparti. Bien entendu il ne s’agit pas d’un auditorium hifi, mais pas de frustration particulière à l’écoute de vos morceaux préférés.
A la mise en route, le 4 cylindres diesel se montre relativement discret, il le sera d’ailleurs dans quasiment toutes les situations. Une précision, nous disposions de la version 2l, qui vient d’être remplacé par le 2.2l. La puissance de 180cv ainsi que les consommations annoncées étant très proches, les sensations le sont tout autant. Accouplé à une boite automatique 8 rapports, il se montre souple, suffisamment performant, même en charge, et cerise sur le gâteau, raisonnable en consommation, puisque sur notre essai de près de 1 300 km composé pour moitié d’autoroute à 130km/h, le reste se répartissant de manière égale entre départementales et ville, il s’est contenté de 7.2 l/100km. Un court test d’une cinquantaine de kilomètres sur petite route nous ayant même permis de descendre sensiblement sous les 6l/100km. La boite n’appelle pas non plus de remarque particulière, tant elle se veut globalement douce et prévisible. A noter que ce SpaceTourer existe aussi en version électrique développant 136cv offrant une autonomie normalisée d’environ 450km en cycle urbain, et une centaine de kilomètres de moins sur voie rapide pour la plus conséquente des batterie (75kw/h).
Le comportement routier se veut parfaitement en adéquation avec la philosophie Citroën : confortable et sans surprise. Bien entendu, coté dynamisme ce n’est pas le grand frisson, et c’est tant mieux. En effet, le compromis proposé entre confort et tenue de route, compte tenu du gabarit ainsi que du poids de notre long courrier, préserve un confort de bon aloi, tout en offrant une stabilité rassurante, et durcir le châssis pour offrir plus de dynamisme le rendrait inconfortable et probablement moins prévisible. Le confort est donc roi, les mouvements de caisse suffisamment maitrisés, et on peut le mener en sifflotant, coude à la portière, quelles que soient les conditions de circulation. Que demander de plus pour un véhicules de cette catégorie ? Rien, non vraiment, il est parfait ainsi.
Seul vrai point d’attention, la retro-vision. Non pas qu’elle soit mauvaise, mais des rétroviseurs extérieurs se finissant par un module grand angle seraient parfois d’un grand secours dans le trafic, apportant encore un peu plus de tranquillité à la conduite.
La perfection n’étant pas de ce monde, ce SpaceTourer pourrait peut être améliorer sa finition, mais déjà tel quel, il se présente comme l’une des toutes meilleures proposition en terme de « transport de troupes ». Le rapport qualité/prix semble même difficile à battre, puisque si nous regardons parmi ses rares concurrents (hors groupe Stellantis !), tous serons plus cher à prestations équivalentes. Spacieux, confortable, sécurisant, malin dans son aménagement, performant, économique, il n’y a guère qu’en design qu’il souffre par rapport aux très mode SUV, mais même moins sexy, avouez qu’il y a matière à réfléchir lorsque l’on sait qu’à tarif équivalent, ce SpaceTourer offre 40% d’espace à bord supplémentaire ! Famille nombreuse et autre propriétaire de gros chien, il est fait pour vous, tout comme il est fait pour les amateurs de grands espaces, plus que de look tapageur. Une aubaine.

Version essayée : Citroën SpaceTourer M Business pack 2.0 diesel 180 S&S EAT8 au tarif indicatif de 56 970€ ttc.